En 2016, 98 % de la population accède à un médecin généraliste en moins de 10 minutes ; moins de 0,1 % de la population, soit 52 000 personnes environ, doit parcourir un trajet de 20 minutes ou plus en voiture pour consulter un généraliste. La distribution des temps d’accès au médecin généraliste est similaire à celle observée pour les principaux services de la vie courante (Barbier et al., 2016). L’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL), qui tient compte de la disponibilité de l’offre médicale, des besoins de soins de la population et de ses déplacements, donne une vision plus précise de l’accès géographique aux soins. Mesurée par l’APL, l’accessibilité moyenne aux médecins généralistes s’élève en 2016 à 4,1 consultations par an et par habitant (C/hab/an), la moitié des Français ayant accès à plus de 4,0 consultations par an et un quart à plus de 4,9 consultations par an. Cet indicateur révèle assez peu de disparités territoriales : les 10 % des personnes les mieux loties ont une accessibilité égale à 5,7 consultations par an et par habitant, tandis que les 10 % les moins favorisés ont accès à 2,7 consultations par an et par habitant. Cela place les généralistes au même niveau que les pharmacies dont l’installation est pourtant régulée. Les disparités d’accessibilité qui existent malgré tout correspondent davantage à des différences entre types de communes (celles-ci expliquent 26 % de la variabilité de l’APL aux médecins généralistes) qu’à des différences entre régions (12 % seulement). En prenant en compte le seuil de 2,5 consultations par habitant et par an, 8,6 % de la population (près de 5,7 millions de personnes) résident en 2016 dans une commune sous-dense en médecins géné- ralistes. Au total, 9 142 communes sont en situation de sous-densité. Ces dernières sont inégalement réparties sur le territoire : les régions les plus touchées sont les Antilles-Guyane, la Corse, le CentreVal-de-Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-deFrance. C’est dans les communes rurales périphériques des grands pôles et dans les communes hors influence des pôles que la part de population vivant en commune sous-dense est la plus grande. Plus d’un habitant sur cinq d’une commune isolée ou d’une couronne rurale de grand pôle habite dans une commune sous-dense. C’est ainsi plus d’un tiers des habitants des communes sous-denses qui résident dans la couronne rurale d’un grand pôle. Toutefois, des espaces urbains sont également touchés : un quart de la population habitant dans une commune sous-dense en médecins généralistes vit dans un pôle urbain, dont près de 18 % dans l’unité urbaine de Paris.